Murs et clôtures

Comme la plupart des villages, chaque propriété est ceinte de murs ou de clôtures dont certains sont à caractère patrimonial. Seules les maisons groupées du lotissement Révil a opté pour des jardins partagés côté façade. Ceci amène à s’interroger sur le sens de nos clôtures. Dès l’origine, il apparaît que murs et clôtures aient un rôle sécuritaire et de protection des habitants et de leurs biens. Les murs hérissés de piques en métal attestent bien de cette volonté.

Enfin, à une époque où le repli individuel s’affirme à rebours des échanges de voisinage d’autrefois et que le souci de préserver son intimité se développe en réaction aux excès de curiosité, l’occultation des clôtures est à l’ordre du jour.

Les murs en moellons de craie qui encadrent rues et venelles confèrent au Val-de-la-Haye ce charme si particulier, empreint de sérénité, propre à certains villages de la vallée de Seine.

Dans les rues « du haut », les murs sont très anciens et jouent également le rôle de soutènement de la voierie lorsque celle-ci a été rehaussée, ce que l’on constate avec la perte de hauteur de certaines portes historiques.

Les murs les plus anciens ont été construits avec le réemploi de moellons provenant d’anciennes constructions de la Commanderie Sainte-Vaubourg. Ailleurs, ils entrent seulement dans le chaînage des murs quand e n’est pas la brique qui joue ce rôle de structure. Parfois, la craie est associée dans la partie basse des murs avec du silex afin d’éviter les remontées d’humidité.

Les reprises ont souvent été nécessaires en ce qui concerne la restauration ou la modernisation des murs anciens. A ce niveau peuvent être faites les mêmes remarques concernant le choix des mortiers. En outre, il est regrettable que certaines reprises n’aient pas été faites dans les règles avec le remplacement des pierres par des parpaings, des surélévations inesthétiques ou « un tartinage » de ciment des plus disgracieux, notamment lorsque les murs ont été surmontés d’une palissade.

Dans l’entretien d’un mur ancien, le couronnement destiné à limiter les infiltrations par le haut joue un rôle important. Traditionnellement il était composé de pierres noyées dans le mortier pour faire un bourrelet sommital débordant. L’enduire totalement de ciment et le peindre n’offre pas la même esthétique que les lichens, les mousses et les petites fougèrent qui finissent par s’installer sans altérer la maçonnerie.

D’autres couronnements sont faits de tuiles ou tuileaux de différentes époques ou formes.

Parmi les éléments originaux – et donc à conserver « des murs anciens du Val sont à noter les « chasse-roues ». Ces pierres faisant saillies à la base des murs étaient destinées à déporter les chariots des murs afin de ne pas les heurter.

Au XIXème, les murs de craie furent remplacés par des murs en briques et silex, puis au XXème siècle, les constructions de murs en ciment ou en parpaings s’imposèrent peu à peu aux murs traditionnels en créant parfois des chocs de générations.

Une des principales atteintes aux murs traditionnels a été la pose de coffrets techniques pour le gaz et l’électricité, standardisés et très peu esthétiques. Des solutions d’intégration existent comme la réalisation de portillons en bois pour les recouvrir.

Dans la même période apparurent plusieurs styles de clôtures en ciment préfabriquées, de lisses et éléments divers contemporains.

Les belles demeures du quai optèrent le plus souvent pour des grilles de fer forgé de style classique ou leurs copies disposées sur des murets. Certaines sont de très belle facture et les plus rares sont celles de style Art nouveau caractérisées par des volutes propres à ce style. Les constructions plus récentes déclinent des clôtures en palissades de bois, de PVC ou en grillage. Les clôtures les plus basiques sont réalisées en treillis soudés, en vogue actuellement.

 

Les clôtures les plus transparentes ont été souvent associées à des haies, le modèle dominant étant celui des haies de thuyas et essences associées facile à entretenir, au moins dans les premier temps, par une taille millimétrée les amenant à être qualifiée de « béton végétal ». Outre leur monotonie, les thuyas posant au bout d’une trentaine d’années des problèmes de vieillissement, ils sont remplacés par d’autres essences plus locales, champêtres, tout aussi occultantes et faciles à entretenir. La haie de charmilles convient parfaitement au caractère patrimonial du village ce qui n’empêche pas d’utiliser les essences les plus diverses en mélange pour avoir fleurs, feuillages, fruits colorés, en les laissant se développer librement avec des tailles plus espacées. Rien n’est pire en tout cas de remplacer les lacunes dans les haies par des bâches de polypropylène dont certaines imitent le feuillage du thuya.

Les portails et barrières sont indissociables des clôtures et méritent une attention particulière.

Les plus anciens portails du XVIème siècle étaient intégrés dans les murs de pierre et ont perdu, pour la plupart leur rôle fonctionnel. Ils méritent néanmoins d’être conservés et entretenus.

Plus récents les grilles d’entrée de style doivent garder leur cohérence avec les grilles de palissade.

Spécifique à une mode locale existent des porches normands dont la toiture protège la barrière des intempéries. Certains sont anciens, d’autres plus récents.

L’offre contemporaine a permis à de nombreux propriétaire de décliner sa propre identité à travers le choix d’un portail de styles et de matériaux variés. La barrière en bois de style normand, simple et harmonieuse reste néanmoins un choix sûr.